
Independentism - ETA, cinquante ans de guerre
Data: Lunedì, 26 giugno @ 01:39:42 CEST Argument: Esteri e Indipendentismo
1952
Un groupe de jeunes dissidents du Parti nationaliste basque (PNV) forme ce qui deviendra le noyau fondateur du mouvement ETA, qui n'a pas encore de nom. Ils fondent la revue Ekin (Agir), fer de lance d'un changement de cap des nationalistes basques: ils y affirment en effet que "la lutte armée est nécessaire" pour préserver l'identité basque du régime de Franco.
1959
Le dialogue avec le PNV passe de plus en plus mal. En mai 1959, c'est la rupture. Le mouvement dissident Euskadi Ta Askatasuna (ETA : Pays basque et liberté) est né.
1968
Le 3 août, un policier à la réputation de dur, Meliton Manzanas, est assassiné par l'ETA à Saint-Sébastien.
1970
Seize "etarras" (membres de l'ETA) sont condamnés, dont six à la peine de mort. L'opinion internationale s'émeut et proteste contre la répression franquiste. Le garrot, moyen par lequel sont exécutés les condamnés, devient le symbole de la cruauté du Caudillo (Franco). Le combat de l'ETA devient populaire.
1973
En plein cœur de Madrid, l'amiral Luis Carrero Blanco, président du gouvernement de Franco et successeur désigné du général, est assassiné. Sa voiture blindée est propulsée dans les airs par-dessus un immeuble avant de retomber sur une terrasse de l'autre côté. Cette opération donne naissance à un slogan largement scandé au cours des défilés contestataires des années 1970 : "Plus haut, plus haut que Carrero Blanco."
1974
Des divergences sur l'orientation marxiste-léniniste et sur les méthodes de lutte provoquent une scission: d'un côté, l'ETA militaire entièrement tournée vers la lutte armée, de l'autre, l'ETA politico-militaire, qui combine la guérilla sélective avec l'action de masse.
1975
Mort de Franco
1978
Les attentats de l'ETA se multiplient pour obtenir l'autodétermination du Pays basque et font 88 morts dans l'année. Herri Batasuna, le bras politique de l'ETA, est créé le 27 avril.
1979
L'autonomie du Pays basque est adoptée par référendum le 25 octobre. Le PNV est pour, Herri Batasuna est contre. Le statut dit de "Guernica" accorde une autonomie proche de celle d'un Etat fédéré et qui est, en tout cas, la plus large jamais accordée à une région espagnole.
Cela ne suffit pas. Les attentats se poursuivent et tuent 119 personnes dans l'année.
1980
Depuis ce scrutin, le PNV préside le gouvernement autonome d'Euskadi. Les attentats tuent 123 personnes.
1982
Les socialistes de Felipe Gonzalez arrivent au pouvoir à Madrid. L'ETA politico-militaire renonce à la lutte et opte pour l'action politique. L'ETA militaire poursuit ses attentats et diversifie ses actions: enlèvements contre rançon et impôt révolutionnaire aux entreprises basques pour soutenir sa cause sont monnaie courante.
1983
L'heure est au contre-terrorisme: les sanctuaires français, où se sont réfugiés des membres de l'ETA, sont visés. Les fameux GAL (Groupes antiterroristes de libération) qui, de 1983 à 1987, font 28 morts, refroidissent les relations franco-espagnoles et ternissent le dernier mandat de Felipe Gonzalez. Deux de ses ministres, José Barrionuevo et Rafael Vera, seront incarcérés.
1987
L'attentat le plus sanglant de l'ETA est commis dans le supermarché Hypercor de Barcelone : 21 personnes meurent, le 19 juin 1987. Une erreur, dit l'ETA, qui présente ses excuses. La bavure provoque un déclic: des contacts secrets indirects sont pris entre le gouvernement et les séparatistes. Le 8 janvier 1989, l'ETA déclare une trêve, avant de la rompre trois mois plus tard.
1992
Une série d'arrestations dans les sphères dirigeantes, comme celle de Bidart, en France, le 29 mars, décapitent l'ETA, diminuant sa capacité d'agir, mais cette structure terroriste hydrique poursuit son action.
1995
Une nouvelle tactique est mise en œuvre, celle des assassinats ciblés contre des personnalités: le 23 janvier, Gregorio Ordonez, responsable du Parti populaire de José Maria Aznar, est tué à Saint-Sébastien. Cette année-là, l'ETA manque deux attentats : l'un contre le futur président du gouvernement, José Maria Aznar (qui sera élu en 1996), l'autre contre le roi, à Majorque. Le peuple espagnol en a assez et il le clame: "Basta ya !" ("Ça suffit").
2002
Le juge Garzón suspend pour trois ans les activités de Batasuna (l'ex-Herri Batasuna) en Espagne. Ses sièges sont fermés.
2003
ETA, qui a assassiné plus de 800 hommes, femmes et enfants depuis 1968, commet son dernier attentat mortel le 30 mai.
2004
L'opération d'octobre permet l'interpellation, en France, du chef de l'appareil politique de l'ETA depuis 1992, Mikel Albizu, dit "Antza". Plus de 700 membres de l'organisation sont aujourd'hui en prison en France ou en Espagne. L'attentat commis à Madrid par Al-Qaida en mars de la même année contribue indirectement à discréditer les méthodes utilisées par l'ETA.
Décembre 2004
Batasuna, le parti interdit qui refuse de condamner les attentats, commence par évoquer un "pari pour la paix" pour lequel il s'engagerait à utiliser "des voies exclusivement politiques et démocratiques". Un mois plus tard, il enjoint José Luis Zapatero, le président du gouvernement élu quelques mois plus tôt, d'être le "Tony Blair espagnol" en négociant une "démilitarisation multilatérale" au Pays basque.
Mai 2005
Le président du gouvernement, Zapatero, présente au Parlement une motion qui prévoit l'ouverture d'un processus de dialogue.
Mars 2006
Après plusieurs semaines de rumeurs, l'organisation séparatiste basque annonce un "cessez-le-feu" destiné à "lancer un processus démocratique" au Pays basque espagnol.
Juin 2006
Alors que le chef du gouvernement socialiste espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, s'apprête à lancer le processus de paix avec les séparatistes basques, le Parti populaire (droite) annonce qu'il retire son soutien à ce plan et rompt toute relation avec le gouvernement.
20 juin
Les polices française et espagnole réalisent un vaste coup de filet contre les réseaux de financement de l'ETA, interpellant des deux côtés de la frontière 12 personnes dont Julen Madariaga, l'un des fondateurs du groupe indépendantiste basque armé.
L'opération permet de démanteler le coeur de l'appareil de financement de l'ETA. Batasuna, le bras politique de l'ETA, qualifie d'attaque "claire et frontale" contre les "espoirs de paix" l'opération policière, tandis que le ministre espagnol de l'Intérieur, Alfredo Perez Rubalcaba, insiste sur le fait qu' "aucun élément empêche la poursuite du processus" de paix.
World Press Review - Funt: 20 Minutes
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